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Présentation

Projet de recherche

Lundi 25 décembre 2006
Si nous sommes au Botswana, c'est pour des raisons professionnelles! Dans le cadre de ma thèse (et d'une allocation de recherche de l'Agence nationale de recherches sur le sida, l'ANRS), je m'occupe d'un projet de recherche sur la politique et le VIH/sida au Botswana. A suivre...
Par Fanny
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Samedi 24 février 2007
A petits pas...

Depuis mi-janvier j'ai commencé un terrain d'observation à l'hopital Princess Marina de Gaborone, le premier hopital du pays. J'ai choisi de rester dans un premier temps aux Urgences de l'hopital afin de comprendre le système public de prise en charge en général, avec une attention particuliere sur les intéractions liées au VIH/sida: que se passe-t-il quand une personne arrive avec un problème visiblement lié au sida; quand et comment un depistage est-il proposé? le VIH est-il devenu un problème parmi tant d'autres ou est-il appréhendé d'une facon particulière?

Depuis deux semaines je partage également mon temps en travaillant dans le centre qui est dedié aux citoyens botswanais bénéficiant gratuitement d'une thérapie par médicaments antirétroviraux (ARV). Cette clinique, nommée IDCC ou Infectious Disease Control Center ou Infectious Disease Care Clinic (j'ai vu les deux ce qui est pour le moins intéressant...), existe depuis 2002 et comptabilise aujourd'hui près de 17000 personnes inscrites (chiffres qui comprend les personnes ayant déménagé, les personnes "perdues de vue" et celles qui sont décédées) seulement pour l'agglomération de Gaborone (qui compte environ 150000 habitants).

Il s'agit d'une démarche fondamentalement inductive, chère aux anthropologues. A partir d'un cadre d'analyse (la question du VIH/sida dans l'espace public et l'action politique) je cherche a travers l'observation à faire émerger des questions ou des tendances qui me permettront ensuite d'analyser toutes les informations recueillies. Ces questions ne sont donc pas définies au départ comme dans un travail de sociologie quantitative (utilisant notamment des questionnaires) mais elles m'apparaitront au fur et à mesure de l'observation puis des entretiens que je mènerai dans un second temps.

Pour plus d'informations:

Ma page de doctorante sur le site du Cresp:
http://lodel.ehess.fr/cresp/document.php?id=93

et la page qui concerne la partie projet (financement ANRS):
http://lodel.ehess.fr/cresp/document.php?id=226

Attention! Mon labo. va changer de nom car nous fusionnons avec un autre labo. de l'EHESS et nous serons dorénavant homologués CNRS!
Devinette: comment va s'appeler ce nouveau labo???
l'IRIS!!!!!! Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux.
Par Fanny
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Samedi 24 février 2007

Le Botswana est un pays qui semble faire exception a bien des égards sur le continent africain et qui s'est construit sur cette image de modèle. Le Botswana est independant depuis 1966 après plus d'une décennie de protectorat britannique. Les Britanniques n'étaient pas très intéressés par ce territoire extremement pauvre et aride et ont laissé les missionaires construire les premières écoles et dispensaires. Aujourd'hui, le Botswana est avant tout adulé pour son systeme démocratique, ses richesses minérales (diamants), et la facon dont il a su convertir ses revenus en investissant dans l'éducation et la santé.

Pourtant, à l'instar des pays voisins (Afrique du Sud, Zambie, Swaziland, Malawi...), le Botswana est lui aussi sévèrement touché par l'épidémie de sida, avec un taux de séroprévalence qui a atteint des niveaux records de 38,7% parmi la population adulte (15-49ans) en 2003. Récemment ces chiffres ont été recalculés, notamment par le gouvernement et les estimations sont de 17% pour la population générale et environ 25% pour les adultes. Les chiffres concernant les femmes enceintes tournent toujours autour de 35% ("Surveillance Sentinelle") ce qui reste terrifiant.

La lutte contre le sida semble conforter ce statut de modèle/exception en particulier depuis que le gouvernement a décidé  de mettre en place un programme d'accès gratuit aux médicaments antirétroviraux qui sont si chers (car protégés pas des brevets) et inaccessibles pour de nombreux pays pauvres. Ce programme d'accès aux traitements a une configuration toute particulière. Il ne s'agit pas, comme dans d'autres pays africains, de négocier avec les organisations internationales et les compagnies pharmaceutiques pour obtenir des réductions de prix. Ici, le programme national de traitements (nomme MASA, qui siginifie "aube" ou "nouveau commencement") a été crée grace à la fondation Bill et Melinda Gates et la fondation Merck (compagnie pharmaceutique) qui ont ensemble conclu un partenariat à trois avec le gouvernement du Botswana. Le programme Masa a démarré en janvier 2002 et couvre maintenant tout le territoire (meme si l'accès aux soins reste problématique pour les populations isolées) et plus de 50 000 ont été mises sous traitements. Ce programme a considérablement amélioré la situation car a la fin des années 1990, toutes les familles etaient touchées de pres ou de loin, les gens assistaient tous les week end à des enterrements. Mais de nombreux problèmes demeurent.

Ma question de départ est donc tout simplement: que se passe-t-il pour un pays comme le Botswana lorsque advient une telle situation épidémiologique? En effet, le Botswana est un petit pays, faiblement peuplé (1,7 million d'habitants), conscient de sa relative stabilité... et le gouvernement a clairement dit que s'il ne faisait rien, la population était menacée de disparaitre... (voir affiche ci-contre).


Des questions en cascade se posent ensuite: Comment comprendre les orientations politiques? Comment le VIH/sida modifie-t-il l'espace public et les discours politiques? Quels sont les effets de l'implication des parteneraires internationaux, notamment les fondations privées? Que peut-on dire des différents acteurs agissant dans ce domaine, en particulier les églises et les mouvements évangélistes? Pourquoi les étrangers (très nombreux dans le pays) n'ont-ils pas accès aux traitements et quelles en sont les conséquences?

Beaucoup de questions évidemment. En attendant d'avoir des pistes de réponses, on peut lire un article assez court que j'ai écrit l'an dernier dans le Journal du Sida (publié par l'association
Arcat, Association de Recherche, Communication et Action pour l'Acces aux Traitements):
http://www.arcat-sante.org/167/Article_du_JDs&article_id=437

Par Fanny
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