Le Botswana est un pays qui semble faire exception a bien des égards sur le continent africain et qui s'est construit sur cette image de modèle. Le Botswana est independant depuis 1966 après plus d'une décennie de protectorat britannique. Les Britanniques n'étaient pas très intéressés par ce territoire extremement pauvre et aride et ont laissé les missionaires construire les premières écoles et dispensaires. Aujourd'hui, le Botswana est avant tout adulé pour son systeme démocratique, ses richesses minérales (diamants), et la facon dont il a su convertir ses revenus en investissant dans l'éducation et la santé.
Pourtant, à l'instar des pays voisins (Afrique du Sud, Zambie, Swaziland, Malawi...), le Botswana est lui aussi sévèrement touché par l'épidémie de sida, avec un taux de séroprévalence qui a atteint des niveaux records de 38,7% parmi la population adulte (15-49ans) en 2003. Récemment ces chiffres ont été recalculés, notamment par le gouvernement et les estimations sont de 17% pour la population générale et environ 25% pour les adultes. Les chiffres concernant les femmes enceintes tournent toujours autour de 35% ("Surveillance Sentinelle") ce qui reste terrifiant.
La lutte contre le sida semble conforter ce statut de modèle/exception en particulier depuis que le gouvernement a décidé de mettre en place un programme d'accès gratuit aux médicaments antirétroviraux qui sont si chers (car protégés pas des brevets) et inaccessibles pour de nombreux pays pauvres. Ce programme d'accès aux traitements a une configuration toute particulière. Il ne s'agit pas, comme dans d'autres pays africains, de négocier avec les

organisations internationales et les compagnies pharmaceutiques pour obtenir des réductions de prix. Ici, le programme national de traitements (nomme MASA, qui siginifie "aube" ou "nouveau commencement") a été crée grace à la fondation Bill et Melinda Gates et la fondation Merck (compagnie pharmaceutique) qui ont ensemble conclu un partenariat à trois avec le gouvernement du Botswana. Le programme Masa a démarré en janvier 2002 et couvre maintenant tout le territoire (meme si l'accès aux soins reste problématique pour les populations isolées) et plus de 50 000 ont été mises sous traitements. Ce programme a considérablement amélioré la situation car a la fin des années 1990, toutes les familles etaient touchées de pres ou de loin, les gens assistaient tous les week end à des enterrements. Mais de nombreux problèmes demeurent.

Ma question de départ est donc tout simplement: que se passe-t-il pour un pays comme le Botswana lorsque advient une telle situation épidémiologique? En effet, le Botswana est un petit pays, faiblement peuplé (1,7 million d'habitants), conscient de sa relative stabilité... et le gouvernement a clairement dit que s'il ne faisait rien, la population était menacée de disparaitre... (voir affiche ci-contre).
Des questions en cascade se posent ensuite: Comment comprendre les orientations politiques? Comment le VIH/sida modifie-t-il l'espace public et les discours politiques? Quels sont les effets de l'implication des parteneraires internationaux, notamment les fondations privées? Que peut-on dire des différents acteurs agissant dans ce domaine, en particulier les églises et les mouvements évangélistes? Pourquoi les étrangers (très nombreux dans le pays) n'ont-ils pas accès aux traitements et quelles en sont les conséquences?
Beaucoup de questions évidemment. En attendant d'avoir des pistes de réponses, on peut lire un article assez court que j'ai écrit l'an dernier dans le Journal du Sida (publié par l'association
Arcat, Association de Recherche, Communication et Action pour l'Acces aux Traitements):
http://www.arcat-sante.org/167/Article_du_JDs&article_id=437
Coucou Fanny !!! Après les escapades familliales (avec de très belles photos), les sueurs froides Bastiennes (franchement, j'aurais pas aimé être à sa place...) un peu de tes recherches sur ces pages !!! Ca fait plaisir ! J'espère que tu progresse bien et que tu fait des rencontres interessantes !
Bon courage et continue de nous donner des extraits de ce que tu es train de faire dans ces contrées lointaines.
Samir
Merci Samir pour tes encouragements! J'essaierai d'ecrire plus car c'est aussi un tres bon exercice pour moi!
A bientot