Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Présentation

Dumela!

Partir, c'est dire au revoir...
Voyager, s'installer dans l'ailleurs, c'est dire bonjour (Dumela! en Setswana).
Dire bonjour à de nouveaux milieux, naturels comme sociologiques.
Dire bonjour aux surprises, rencontres et découvertes, en les saluant avec candeur.

Dumela! Dumela! Dumela! les ami(e)s,
Nos "bonjours" du Botswana sont ici!
Samedi 27 janvier 2007
Le Botswana fait partie de l'Afrique australe. C'est un pays enclavé, environ la superficie de la France et qui partage des frontières avec l'Afrique du Sud, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe.

Gaborone, la capitale, se situe au sud-ouest du pays, à quelques kilomètres de la frontière avec l'Afrique du Sud. Johannesburg est ensuite à quelques trois heures de route.
Par Fanny et Bastien - Publié dans : Actualités Botswana
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 27 janvier 2007

Le lion est mort ce soir

(enfin non, c’est pas le lion qui est mort…)

 

 

            Un parc auquel seulement un guide sur deux fait allusion, dont personne ici ne nous a parlé. Pourtant des pancartes l’indiquent, sur la route de Gaborone à Lobatse. Il figure aussi dans le petit dépliant sur les activités touristiques des alentours, publié par la ville de Gaborone.

Ce parc, c’est le Saint-Clair’s Lion Park. Nous savons seulement qu’il se situe à vingt minutes de voiture de chez nous, et que son principal intérêt est qu’il permet d’observer des lions et de disposer d’une aire de pique-nique riche en jeux pour enfants. Mais pourquoi pas aller voir. Ce n’est pas loin, on n’a pas encore vu de lions, ni en liberté ni en réserve.

Hantés par le pressentiment d’aller vers une découverte étrange, vers un Lion park improbable, nous y allons un dimanche matin. Quinze kilomètres après le dernier immeuble de Gaborone, une pancarte verte en bon état indique la piste à emprunter : Saint-Clair Lion’s Park : 1,5 kms. Nous faisons donc ce petit kilomètre et demi sur une piste plus que correcte, au milieu du bush, jusqu’à une grille. Il faut savoir qu’ici, les entrées des réserves et des parcs sont toujours marquées d’une haute grille portant le nom de l’endroit, ceinte de deux cahutes au toit de chaume où patientent des gardes armés de tampons à apposer sur un permis d’entrer.

Mais ici le toit de chaume est effondré. La grille est béante, la barrière tombée au sol. Pas de garde, pas de tampon, pas de voitures. Seulement les restes disloqués de tout cela, et pas âme qui vive à l’horizon, ni lion ni gardien. Nous entrons malgré tout, pour nous garer derrière ce qui ressemble à des infrastructures touristiques. A main gauche, un restaurant à la grande salle ornée de trophées d’animaux, dont on devine l’ambition touristique à la taille de la cheminée et à l’ampleur du mobilier, rangé là depuis la veille semble-t-il. A main droite, un bar aux chaises elles aussi parfaitement bien rangées, où pourrait se tenir dès le soir même de fameuses discussions imbibées sur les fameux lions. En face, un barbecue géant en pierre au milieu du patio chaleureux où il doit faire bon veiller. Derrière nous, à l’endroit où nous avons garé notre voiture, des toilettes, propres et en parfait état de marche. Tout cela est accueillant, ordonné, propre. On aurait envie d’y passer une soirée avec une multitude d’ami(e)s, de membres de la famille, triés sur le volet pour leur capacité à apprécier l’impala au barbecue arrosé de vin sud-africain…

Mais de lion, pas l’ombre d’une queue d’ailleurs, même parmi les trophées de la salle du restaurant. Nous nous asseyons donc, incrédules, sur les marches du patio, contemplant l’excitation méritoire d’Anna de se trouver dans un endroit aussi formidable que ce Saint-Clair’s Lion Park, sous prétexte qu’il y a des marches à grimper et à descendre, des vers de terre de taille exceptionnelle, et de jolis oiseaux qui lui volent autour si proches qu’elle essaye de les attraper…

 

Dix minutes, un quart d’heure peut-être se sont écoulées quand un petit point à l’horizon commence à se rapprocher. Parvenu à quelque centaine de mètres de nous, le petit point devient silhouette humaine. A quelques dizaines de mètres, la silhouette se fait celle d’une femme. Une femme d’une soixantaine d’années je pense, portant fichus sur la tête, et à la main un sceau contenant de quoi faire le ménage : éponge, serpillière, produit ménager. Elle est sortie du bush à des centaines de mètres de là, a traversé d’un pas lent et régulier toute la plaine, et s’apprête à me dépasser sans un mot et sans un regard, pour aller vers le restaurant, les toilettes, etc. J’essaye de lui demander ce qu’il en est de ce fameux Saint-Clair Lion’s Park fantôme, mais son anglais est visiblement aussi limité que mon Setswana. Le seul regard qu’elle me pose est empreint d’une langueur terrible, d’une lassitude triste qui me fait frémir, et accompagne des mots dont je ne saisis que « no lion ! no lion ! no lion ! ». Et puis elle part s’engouffrer dans les toilettes, et entreprend d’en faire le ménage qu’elle a du déjà faire la veille, ou l’avant-veille peut-être…

No lion. Ce n’est plus une surprise au regard de l’abandon du site, infrastructures de restauration exceptées. Reste à savoir pourquoi. En bons européens, l’hypothèse que nous privilégions est celle d’un manque de rentabilité du site, ayant causé sa fermeture. Il y a des lions à l’état sauvage à quelques dizaines de kilomètres d’ici, pourquoi les touristes, à part nous, viendraient ici payer pour en voir, dans des enclos réduits qui plus est ?

Mais c’est un  homme, lui aussi d’âge avancé et surgi de nulle part, qui nous apporte la réponse :

« somebody was eaten. So the lions were deported to … ».

 

 

 

 

 

Par Bastien - Publié dans : Chroniques Bastien
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 27 janvier 2007

La question...

 

 

Les expatriés forment une société dans la société. Ils ont leurs codes, langage, castes sociales, lesquels ne sont ni ceux du pays hôte ni ceux du pays d’origine, mais n’appartiennent qu’à un expatland à la géographie fluctuante.

           

            Etre européen en Afrique australe ne saurait suffire à assurer une intronisation réussie dans la société des expats. Encore moins à permettre votre classement dans sa hiérarchie et une acceptation dans ses réseaux.

            Pour cela, il faut avoir réponse à la question, et une bonne réponse. La question… Celle qui intervient dans les premières secondes de la première rencontre avec les expats patentés. La question par laquelle le membre illustre, ancien, reconnu ou de base de la caste des expats évaluera la pertinence de votre statut d’expatrié, votre rang sur l’échelle sociale toute particulière de ce groupe, et les éventuelles invitations à de futurs barbecues autour d’une piscine en plein mois de janvier.

            Avoir une bonne réponse à la question, c’est s’assurer, outre ces premiers éléments de reconnaissance, dix bonnes minutes de conversation, un verre rempli régulièrement si la discussion se déroule à l’heure de l’apéro, voire une première invitation à dîner.

Ne pas avoir de réponse à la question, ou en avoir une mauvaise, c’est se voir signifier un « bon séjour alors… » dans un sourire compatissant et gêné, suivi d’un glissement sournois de votre interlocuteur vers le buffet du soir.

Ce n’est qu’à mon deuxième rendez-vous parmi des expats que j’ai compris tout le sens de la question, son importance.

La première fois, je n’ai tout simplement pas compris la question. L’ambassadeur, accueillant la petite communauté française d’ici s’est adressé à moi, considérant à peine la présence de Fanny à mes côtés, et m’a immédiatement demandé, après s’être enquit de mon nom :

« Quelle compagnie ?

-         Euh… J’ai travaillé pendant cinq ans pour…

-         Non, quelle compagnie ?

-         Plus récemment, j’ai…

-         Mais ici, vous travaillez pour quelle compagnie ? 

-         J’accompagne ma femme ( premier mensonge…), qui…

 

Et l’ambassadeur, un peu surpris, de se tourner enfin vers Fanny, et de m’exclure du reste de la conversation comme elle l’avait été jusqu’à présent.

 

La deuxième fois que la question m’été posée, j’ai compris son importance pour mon classement social ici. Je n’avais toujours pas de compagnie, certes, mais au moins ai-je été en mesure de donner directement ma mauvaise réponse à la question sans faire perdre de temps à mon interlocuteur. Le reste de la discussion, d’où fusaient les noms de quelques-uns des principaux groupes technologiques ou industriels européens et mondiaux, s’est déroulé sans moi. Tout ce que j’en ai retiré, c’est qu’avoir une compagnie, n’importe laquelle, ne suffit pas. Cette compagnie doit avoir un nom qui, de Paris à Bangkok, de New York à Johannesburg, résonne comme un modèle de réussite, de parts de marché, de points de croissance, et autres termes me rappelant vaguement les cours d’économie reçus en préparation de mon Bac « B », ou les chroniques économiques de quelque radio française d’information continue.

L’expatrié travaillant pour une petite société locale ou pour lui-même n’a donc pas de bonne réponse à la question. Il peut à la rigueur être considéré comme un expat « de fait », mais son classement sur l’échelle sociale de ce groupe est relativement faible : Ce n’est pas bon signe que d’aller aussi loin pour travailler dans un environnement aussi peu glorieux… Etre loin, très loin de chez soi, se dépayser ne vaut la peine qu’à la condition d’occuper des fonctions à très hautes responsabilités dans une compagnie des plus prestigieuses…

 

 

Voilà, chers amis, une petite contribution personnelle à la compréhension sociologique des expats

 

Sinon, ma compagnie s’appelle FAB-Gab (FannyAnnaBastien à Gaborone), se porte bien, et vous salue chaleureusement.

 


Par Bastien - Publié dans : Chroniques Bastien
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 27 janvier 2007

L’étranger

 

 

Un policier et une responsable de l’immigration. Voici les premières personnes rencontrées. J’aurai préféré un joueur de football de l’équipe nationale, un grand cuisinier ou un ornithologue local, histoire de commencer tout de suite à épancher, sur mes sujets de prédilection, ma curiosité et ma soif de rencontres envers les citoyens de ce pays dont je n’en connaissais pas un seul. Mais c’est ainsi. Où que l’on aille et d’où que l’on vienne, le premier contact est toujours celui des frontières, des barrières, des uniformes et de la suspicion, et jamais celui de l’accueil, du partage et de la découverte.

Mes deux hôtes m’ont demandé ce que je venais faire ici et je ne le savais pas très bien. Ils ont voulu savoir pour combien de temps j’escomptais le faire et je n’ai pas trop su quoi leur répondre. Alors ils m’ont donné soixante jours, et quatre-vingt-dix à ma fille Anna, allez comprendre. Nous sommes venus pour cinq mois, au moins. Mes lacunes insondables en mathématiques et mon aversion pour la gent chiffrée ne m’interdisent pas de mesurer que le compte n’y est pas. Qu’il y a un décalage entre la date cérémonieusement tamponnée sur mon passeport à l’aéroport et la date prévue de notre retour.

Je vis avec ce décalage, en voyant la date se rapprocher, en me demandant quel moment est le plus propice pour aller rendre visite aux services de l’immigration pour obtenir un autre tampon, une autre date… En ne sachant pas quelle pourra être leur réponse, quelles preuves de je ne sais quoi leur sera nécessaire pour me redonner des jours, voire me gratifier d’un permis de résidence… En me demandant si ces policiers aux paniers à salades dignes des camionnettes emmenant des chiens entassés pour une chasse à courre ne sont pas capables, un jour, de me reprocher d’avoir dépassé la date fournie un peu au hasard par mes deux premiers hôtes, et de me mettre dedans leur chenil roulant… Il tient à peu de choses, finalement, de résider illégalement sur un territoire : l’humeur d’un fonctionnaire et un petit tampon. Cela n’a rien de nouveau, et mon expatriation à moi n’a rien de vitale, mais…

Ici, l’étranger, c’est moi.

 

 

***

 

 

A des milliers de kilomètres à la ronde, pas une maison, pas une ferme, aucun lieu où je n’ai de souvenirs, d’attachements, où je puisse rendre visite à une vieille connaissance.

Pas une rivière qui ne soit ma rivière, dont je sache reconnaître et prévoir les humeurs, les odeurs, et que je puisse revenir voir en enfant prodigue.

Pas un arbre que je puisse toiser en me souvenant l’avoir gravi, enfant, avec fierté.

Pas un grand-père, un ami de longue date, une sœur, que je puisse appeler en disant « J’arrive ce soir. J’apporte le vin et le fromage ».

Ici, l’étranger, c’est moi.

 

 

***

 

Je veux être poli, saluer avec distinction, engager la conversation et je n’y parviens qu’avec maladresse, suscitant le plus souvent l’incompréhension, l’ironie, et parfois même le mécontentement.

Je veux me sentir vivre en harmonie avec les citoyens de ce pays, en copier les rythmes, les règles mais échoue le plus souvent, n’en adoptant qu’une grossière caricature.

A mille et un codes, règles, usages, gestes ou paroles que je tente d’imiter en pantomime grossier, je sens que…

Ici, l’étranger, c’est moi.



Par Bastien - Publié dans : Chroniques Bastien
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 25 décembre 2006
Si nous sommes au Botswana, c'est pour des raisons professionnelles! Dans le cadre de ma thèse (et d'une allocation de recherche de l'Agence nationale de recherches sur le sida, l'ANRS), je m'occupe d'un projet de recherche sur la politique et le VIH/sida au Botswana. A suivre...
Par Fanny - Publié dans : Projet de recherche
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus