Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Présentation

Dumela!

Partir, c'est dire au revoir...
Voyager, s'installer dans l'ailleurs, c'est dire bonjour (Dumela! en Setswana).
Dire bonjour à de nouveaux milieux, naturels comme sociologiques.
Dire bonjour aux surprises, rencontres et découvertes, en les saluant avec candeur.

Dumela! Dumela! Dumela! les ami(e)s,
Nos "bonjours" du Botswana sont ici!
Mardi 12 juin 2007

Je sais dire Bonjour/Dumela mais je ne sais toujours pas dire au revoir en Setswana...

Je ne sais toujours pas, non plus, si je suis venu chercher quoi que ce soit ici, et encore moins ce que j'y ai trouve...

Je le saurai surement bientot, dans quelques jours, semaines, mois ou annees...

Les derniers problemes semblent regles avec les services de l'immigration, qui nous laissent repartir ce dimanche...

Une derniere petite viree ce week-end, quelques dernieres rencontres des plus magiques, comme celle-ci:

 

Demain, on coupe le telephone et "Botsnet"... Les prochains envois de nouvelles se feront de Menilmontant...

On quitte le pays des lionnes et lionceaux, pour rentrer dans celui des hyenes et chacals...

A tres bientot tout le monde, et pour les montagnards: "il y a d'autres Botswana dans le coeur des hommes"...

Bastien N.

par Fanny et Bastien publié dans : Actualités Botswana
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 26 avril 2007

Je ne sais toujours pas ce qu'est l'Afrique, ce qu'est un pays africain. Je n'ai toujours aucune idée de ce que c'est que d'etre ou de ne pas etre africain(e), que l'on soit un individu, un plat, un paysage, une scene de rue ou une chanson.

Et ne me parlez pas de cette grosse pomme de terre difforme surmontée de l'Europe (tiens, cela non plus, je ne sais toujours pas ce que c'est, et pourtant...). Ne me dites pas qu'est africain tout ce qui touche, se rapporte a cette grosse tubercule géographique. Vous meme n'y croyez pas, ou plus, depuis longtemps. Afrique, Afriques, Africaine, Africains, véhiculent d'autres définitions en formes d'images, de sons, de senteurs, de sensations, de sentiments.

Mais lesquels? Que vont chercher "en Afrique" ces européens passionnés visitant la tubercule sub-mediterranéenne tous les ans ou des que possible, et dont les salons regorgent de tissus et de masques ethniques? Qu'en imaginent les autres, désireux de s'y rendre ou non, qui n'y ont jamais mis les pieds, les oreilles, le coeur et le nez? Comment les européens revent-ils ou redoutent-ils, pensent-ils ou ignorent-ils leur Afrique? Quelques élméents de reponse a partir de fragments de perceptions européennes sur le Botswana.

Un couple d'allemands, grands voyageurs, ayant parcouru depuis trente ans une vingtaine de pays Africains: "Ce n'est qu'au Botswana que nous avons trouvé les derniers vestiges de l'Afrique sauvage, dans le desert du Kalahari et ses grandes etendues, et dans les parcs du nord du pays si riches en faune sauvage. Cela, c'est vraiment l'Afrique".

Un jeune européen résident au Botswana: "Gaborone, ce n'est pas l'Afrique. Quand tu vois les grands centres commerciaux climatises, les grosses voitures partout, les buildings rutilents... Et puis on trouve de tout ici... Ce n'est pas l'Afrique"...

Un autre: "C'est un pays tranquille ici... C'est une démocratie, il y a un bon niveau de développement économique, une université de haut niveau... C'est différent de l'Afrique"... 

 

Le Botswana aurait donc cela de particulier qu'il est a la fois LE pays africain pour certains, et le contraire d'un pays africain pour d'autres. LE pays africain pour les européens repus d'urbanité, en quete de grands espaces, d'oiseaux et d'animaux qui font rever les amis restés au pays. Un pays non africain pour les autres, ou pour les memes parfois, qui ne concoivent leur Afrique que sur fond d'enfants en guenilles, d'absence de routes praticables et de nombreuses denrées, de cases en terre dans lesquelles s'entassent des familles nombreuses et misereuses. Recusée ou glorifiee, l'africanité du Botswana se mesure donc sur l'echelle de la misere et du "decalometre", en fonction du decalage ressentie par le visiteur européen.

C'est pourquoi la mesure de l'africanité du Botswana pose probleme a l'européen de base: la misere "a l'africaine" par exemple, vue a la télé, ne s'y rencontre pas, moins presente et/ou mieux cachée qu'ailleurs. Le nombre de routes, de centres commerciaux, de voitures, renvoie le visiteur a un univers connu, et a une contradiction fondamentale qui veut qu'un pays africain suivant la définition modelisée, caricaturale du développement a l'européenne perd aussitot ses attributs exotiques et son intéret de pays africain

Emerveillé devant un éléphant traversant une savane, un léopard chassant dans le bush, l'européen au Botswana verra sont décalometre grimper, se sentira enfin "en Afrique"... Sirotant un café dans un petit bar climatisé a la clientele composée a 90% de blancs, faisant ses courses dans un supermarché climatisé, avant de rentrer dans un logement non moins climatisé et equipé de l'ADSL, l'européen se sentira chez lui, aura le décalometre a zéro, et parfois le moral aussi en se disant "tout ca pour ca"... D'un instant a l'autre, selon les situations, les individus, le Botswana est donc tour a tour un pays africain, ou non.

Il reste heureusement au visiteur européen (et au gouvernement avide de devises) la nature et les bushmen, comme signes et symbole de l'africanité du pays, comme intérets touristiques et comme sujets quasi-uniques d'ouvrages sur le pays (vous pouvez verifier)...Comme objets de différenciation, comme démonstration du "remarquable" et de l'africanité du pays.

 

L'Afrique, chez ceux qui lui rendent visite ou ceux qui en revent, serait-elle la difference, le depaysement d'avec les habitudes, le quotidien, le connu, le prévisible d'un européen? Définition peu scientifique, certes...  Et qui ne me permet toujours pas de repondre a la question-titre de cette chronique...

 

par Bastien publié dans : Chroniques Bastien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 24 février 2007

Le Botswana est un pays qui semble faire exception a bien des égards sur le continent africain et qui s'est construit sur cette image de modèle. Le Botswana est independant depuis 1966 après plus d'une décennie de protectorat britannique. Les Britanniques n'étaient pas très intéressés par ce territoire extremement pauvre et aride et ont laissé les missionaires construire les premières écoles et dispensaires. Aujourd'hui, le Botswana est avant tout adulé pour son systeme démocratique, ses richesses minérales (diamants), et la facon dont il a su convertir ses revenus en investissant dans l'éducation et la santé.

Pourtant, à l'instar des pays voisins (Afrique du Sud, Zambie, Swaziland, Malawi...), le Botswana est lui aussi sévèrement touché par l'épidémie de sida, avec un taux de séroprévalence qui a atteint des niveaux records de 38,7% parmi la population adulte (15-49ans) en 2003. Récemment ces chiffres ont été recalculés, notamment par le gouvernement et les estimations sont de 17% pour la population générale et environ 25% pour les adultes. Les chiffres concernant les femmes enceintes tournent toujours autour de 35% ("Surveillance Sentinelle") ce qui reste terrifiant.

La lutte contre le sida semble conforter ce statut de modèle/exception en particulier depuis que le gouvernement a décidé  de mettre en place un programme d'accès gratuit aux médicaments antirétroviraux qui sont si chers (car protégés pas des brevets) et inaccessibles pour de nombreux pays pauvres. Ce programme d'accès aux traitements a une configuration toute particulière. Il ne s'agit pas, comme dans d'autres pays africains, de négocier avec les organisations internationales et les compagnies pharmaceutiques pour obtenir des réductions de prix. Ici, le programme national de traitements (nomme MASA, qui siginifie "aube" ou "nouveau commencement") a été crée grace à la fondation Bill et Melinda Gates et la fondation Merck (compagnie pharmaceutique) qui ont ensemble conclu un partenariat à trois avec le gouvernement du Botswana. Le programme Masa a démarré en janvier 2002 et couvre maintenant tout le territoire (meme si l'accès aux soins reste problématique pour les populations isolées) et plus de 50 000 ont été mises sous traitements. Ce programme a considérablement amélioré la situation car a la fin des années 1990, toutes les familles etaient touchées de pres ou de loin, les gens assistaient tous les week end à des enterrements. Mais de nombreux problèmes demeurent.

Ma question de départ est donc tout simplement: que se passe-t-il pour un pays comme le Botswana lorsque advient une telle situation épidémiologique? En effet, le Botswana est un petit pays, faiblement peuplé (1,7 million d'habitants), conscient de sa relative stabilité... et le gouvernement a clairement dit que s'il ne faisait rien, la population était menacée de disparaitre... (voir affiche ci-contre).


Des questions en cascade se posent ensuite: Comment comprendre les orientations politiques? Comment le VIH/sida modifie-t-il l'espace public et les discours politiques? Quels sont les effets de l'implication des parteneraires internationaux, notamment les fondations privées? Que peut-on dire des différents acteurs agissant dans ce domaine, en particulier les églises et les mouvements évangélistes? Pourquoi les étrangers (très nombreux dans le pays) n'ont-ils pas accès aux traitements et quelles en sont les conséquences?

Beaucoup de questions évidemment. En attendant d'avoir des pistes de réponses, on peut lire un article assez court que j'ai écrit l'an dernier dans le Journal du Sida (publié par l'association
Arcat, Association de Recherche, Communication et Action pour l'Acces aux Traitements):
http://www.arcat-sante.org/167/Article_du_JDs&article_id=437

par Fanny publié dans : Projet de recherche
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 24 février 2007
A petits pas...

Depuis mi-janvier j'ai commencé un terrain d'observation à l'hopital Princess Marina de Gaborone, le premier hopital du pays. J'ai choisi de rester dans un premier temps aux Urgences de l'hopital afin de comprendre le système public de prise en charge en général, avec une attention particuliere sur les intéractions liées au VIH/sida: que se passe-t-il quand une personne arrive avec un problème visiblement lié au sida; quand et comment un depistage est-il proposé? le VIH est-il devenu un problème parmi tant d'autres ou est-il appréhendé d'une facon particulière?

Depuis deux semaines je partage également mon temps en travaillant dans le centre qui est dedié aux citoyens botswanais bénéficiant gratuitement d'une thérapie par médicaments antirétroviraux (ARV). Cette clinique, nommée IDCC ou Infectious Disease Control Center ou Infectious Disease Care Clinic (j'ai vu les deux ce qui est pour le moins intéressant...), existe depuis 2002 et comptabilise aujourd'hui près de 17000 personnes inscrites (chiffres qui comprend les personnes ayant déménagé, les personnes "perdues de vue" et celles qui sont décédées) seulement pour l'agglomération de Gaborone (qui compte environ 150000 habitants).

Il s'agit d'une démarche fondamentalement inductive, chère aux anthropologues. A partir d'un cadre d'analyse (la question du VIH/sida dans l'espace public et l'action politique) je cherche a travers l'observation à faire émerger des questions ou des tendances qui me permettront ensuite d'analyser toutes les informations recueillies. Ces questions ne sont donc pas définies au départ comme dans un travail de sociologie quantitative (utilisant notamment des questionnaires) mais elles m'apparaitront au fur et à mesure de l'observation puis des entretiens que je mènerai dans un second temps.

Pour plus d'informations:

Ma page de doctorante sur le site du Cresp:
http://lodel.ehess.fr/cresp/document.php?id=93

et la page qui concerne la partie projet (financement ANRS):
http://lodel.ehess.fr/cresp/document.php?id=226

Attention! Mon labo. va changer de nom car nous fusionnons avec un autre labo. de l'EHESS et nous serons dorénavant homologués CNRS!
Devinette: comment va s'appeler ce nouveau labo???
l'IRIS!!!!!! Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux.
par Fanny publié dans : Projet de recherche
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 19 février 2007

Si l'on ne compte pas quelques histoires de loups trop bien racontées et quelques cauchemars trop réels, j'ai vécu je crois ce week-end le troisième vrai moment d'effrayante solitude de ma vie...
Les tourangeaux qui m'ont vu dériver au large du Cap Ferret et un ou deux montagnard(s) qui m'ont accompagné dans un orage au sommet de la montagne des Agneaux connaissent les deux premiers...
Comme ces deux premières fois, je ne m'y attendais pas, baignant dans des instants de plaisir et d'insouciance entreprenante. Comme elles aussi, tout était si beau que je me sentais flotter dans les éléments, remerciant la nature qui allait se montrer soucieuse de re-démontrer sa supériorité pour l'occasion...
Cela commence par un départ matinal dans le parc national du Pilanesberg (Afrique du Sud), histoire de profiter des premiers rayons du soleil et des plus belles lumières du jour. Un dernier coup d'oeil dans le rétro, et l'aventure peut commencer:


Un petit tour au bord du lac, pour vérifier que la journée s'annonce belle, et que le lion n'y est pas (si le lion y était, les springbocks il mangerait!):

Tout va bien, et en l'absence du lion, le roi du monde et de la savane, c'est moi aujourd'hui. Au volant de ma petite voiture, dans ces paysages magnifiques, je me prendrais presque pour l'un de ces rangers qui accompagnent et guident les touristes pour leur montrer les beautés locales en les péservant de leurs dangers. D'ailleurs je suis un ranger. Je me surprends parlant en songe aux touristes imaginaires assis derrière moi. Ils ont les visages d'ami(e)s, de membres de la famille, et je leur raconte les animaux, leur comportement, les petits trucs pour éviter qu'une belle rencontre ne se transforme en cauchemar. Et je leur dis: "profitez-bien de cet instant, voici que je vous ai trouvé un rhinocéros blanc, c'est le plus gros des rhinocéros":

Et je profite avec mes clients/ami(e)s/famille, les laissant prendre des photos et en prenant moi aussi, en baissant toutes les vitres de la voiture, puis en coupant pour une fois le contact de la voiture en me disant que cela augmentera la netteté des clichés. Mon petit monde rassasié, les rhinos étant très proches et la présence d'un petit avec sa maman incitant a la prudence,  je me décide. Il faut repartir, avec le sentiment d'avoir bien profité de cette rencontre, et l'impression qu'il faut maintenant laisser ces beaux animaux tranquilles...
Mais la voiture n'est pas d'accord. Pour me punir d'avoir si longuement méprisé tout ce qui a quatre roues et un moteur, elle ne répond pas. J'ai beau tourner la clé, pas le moindre petit signe de contact. Pas un petit voyant pour me dire "non, je ne veux pas repartir, on reste ici, vitres ouvertes au milieu des rhinos, sur le passage des éléphants, sur le territoire des lions". Pas le moindre signe de vie et je ne peux meme pas obtenir le sentiment illusoire de sécurité qu'offrent des vitres fermées: il n'y a pas de commandes manuelles. Pas de contact, pas de vitres fermées, pas de bras, pas de chocolat! Je retente une fois, deux fois, trois fois, rien...
Je ne suis soudain plus un ranger mais un touriste de base. Perdu, idiot, impuissant. Et les rhinos se rapprochent et me regardent avec une coriosité malsaine:


Toutes les histoires de safari qui tournent mal entendues depuis notre arrivée ici me reviennent: celle des deux rangers tués par des éléphants, celles sur la promptitude des rhinos a foncer sur les véhicules, celles sur les lions qui...
J'en fais un amalgame terrifiant, theatralisant in vivo ma propre fin. Et vous, mes clients, mes ami(e)s, mes soeurs et neveux, désolé de vous le dire, mais vous aviez fui depuis longtemps, me laissant seul, petit touriste franchouillard en culotte courte, très, très peu fier de la situation...

Cela a duré vingt bonnes minutes. Les rhinos ont fini par partir, les éléphants et lions enragés ne sont pas venus... Ignorant ma nullité ultime en mécanique, je suis sorti de la voiture après avoir vérifié que les environs étaient déserts, ai tripatouillé la batterie...
Le contact est revenu, la voiture est repartie.
En regardant ce rhino maintenant, je comprends ce je ne sais quoi qui m'interroge dans cet animal et dans on regard. Il semble dire constamment "je t'ai a l'oeil"...

Quant a vous, lectrices et lecteurs, je vous en veux un peu mais pas trop de m'avoir abadonné. Je ne peux me retenir, c'est plus fort que moi. En ballade, je vous emmène toujours, vous présente systématiquement les animaux, fais de mon mieux pour vous montrer le maximum d'oiseaux, de beaux mammifères, de paysages époustouflants.
J'ai beau ne pas etre ranger, vous ne m'empecherez pas de vous emmener avec moi, en passagers clandestins de mon imagination, dans mes petites aventures africaines...


P.S.: les photos figurant dans ce texte sont visibles en format plus grand dans les albums photos...
par Fanny et Bastien publié dans : Chroniques Bastien
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus